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Allocutions | jeudi 31 janvier 2013

Allocution – Ensemble pour la qualité de vie des femmes de la Capitale-Nationale

Notes pour une allocution de la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne

Ensemble pour la qualité de vie des femmes de la Capitale-Nationale

Le 31 janvier 2013

La version prononcée fait foi.

Salutations

J’aimerais saluer particulièrement Mmes Fanny Côté et Suzanne Lili Roy, responsables de l’organisation de cette journée.

Votre thème « Ensemble pour la qualité de vie des femmes de la Capitale-Nationale ».

Le fait que cet enjeu se discute entre hommes et femmes à la Conférence régionale des élus montre tout le chemin parcouru.

L’égalité des sexes fait partie des préoccupations quand on pense développement régional.

Des budgets y sont rattachés.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

C’est le signe que nous sommes de plus en plus nombreux à croire que l’égalité c’est l’affaire de toute la société.

L’éventail des partenaires présents pour cette journée de réflexion en témoigne.

C’est un privilège pour moi d’être la présidente d’honneur d’un tel événement.

Connaître les perceptions des gens au sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes permet d’agir sur les mentalités.

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à croire que des inégalités entre les sexes existent toujours.

Normal, ce sont encore elles qui les vivent.

Les quatre thématiques qui alimenteront votre réflexion au cours de cette journée m’interpellent comme vous, depuis plusieurs années – en tant que femme, en tant que mère – mais particulièrement depuis ma nomination à titre de présidente du Conseil du statut de la femme, il y a un an et demi.

Je ne veux pas brûler les munitions de vos animatrices, mais on m’a permis de dévoiler les thèmes principaux, question de vous mettre l’eau à la bouche.

D’abord, l’espace domestique et la conciliation travail-famille.

Les tâches domestiques et les soins aux enfants sont des domaines où les inégalités sont persistantes – et, disons-le, provoquent quelques chicanes de couple. Qui n’a pas entendu son conjoint dire : si tu veux de l’aide, dis-le moi, fais-moi une liste. Mais justement, la planification, l’organisation familiale nous revient… le petit hamster dans la tête qui tourne sans arrêt pendant une journée entière parce qu’il faut planifier les camps de vacances, les rendez-vous chez le dentiste, durant les journées pédagogiques, etc.

Votre sondage montre que c’est dans les tâches domestiques que les différences de perceptions entre les femmes et les hommes sont les plus marquées. Peut-être que les hommes ont tendance à surestimer leur propre participation aux tâches domestiques?

Peut-être aussi que les femmes ont tendance à la sous-estimer? Difficile de savoir.

Un article dans La Presse de ce matin m’a fait sourire. Une étude de l’Université de Washington arrive aux conclusions que les hommes qui font beaucoup le ménage et la cuisine ont moins de relations sexuelles avec leur conjointe que ceux qui s’en tiennent aux tâches traditionnellement masculines comme les rénovations ou l’entretien automobile… Selon cette étude, le ménage au masculin n’est pas viril parce qu’il contredit une conception profondément enracinée de la virilité. Heureusement, j’ai déjà lu une étude qui arrivait complètement aux conclusions inverses!

Plus sérieusement, si on revient à la répartition des tâches domestiques.

Les hommes de la Capitale-Nationale ne sont sans doute pas différents des autres.

À l’échelle du Québec, les hommes consacrent encore 60 % de leur temps productif aux activités professionnelles et 40 % aux activités domestiques.

Pour les femmes, c’est l’inverse.

À ce sujet, votre tableau concernant la répartition des tâches domestiques (ou du moins la perception de cette répartition) est très révélateur.

Le seul type de tâches dont la responsabilité incombe davantage aux hommes qu’aux femmes – et les deux sexes s’entendent à ce sujet – concerne, eh oui, les réparations ou les rénovations mineures! Plutôt traditionnel comme activité. Les hommes au marteau, les femmes au linge à vaisselle!

Mais faut-il se surprendre étant donné la force des stéréotypes?

Malgré tout, je demeure positive, il y a des améliorations et il faut en parler.

Par exemple, les jeunes pères s’impliquent davantage dans les soins aux enfants et ils sont plus nombreux à recourir au congé parental. Le fameux cinq semaines pour le père non transférable – une politique publique qui a eu un effet fulgurant.

En effet, l’an dernier, les ¾ des pères québécois ont pris un congé parental, alors que cette proportion n’atteint que 26 % dans le reste du Canada.

C’est capital pour moi, parce que lorsque les hommes – très tôt dans la vie du poupon – restent à la maison, s’en occupent, font des tâches domestiques, nous pensons que les mentalités évoluent plus rapidement et que le partage des tâches se fait plus facilement. Bon, il y a un petit hic ici. Des études montrent que les pères prennent leur congé en même temps que la mère. La question? Se mettent-ils réellement les deux mains dedans ou soutiennent-ils psychologiquement leur conjointe?

Ce sont encore les femmes qui se prévalent majoritairement des congés parentaux après la naissance d’un enfant. Ce sont donc elles qui en assument les conséquences quant à l’avancement de leur carrière.

Quand autant d’hommes que de femmes feront le choix de se prévaloir du congé parental ou le partageront moitié-moitié, le débat sera clos, car les employeurs ne pourront plus faire de discrimination entre une jeune femme en âge de procréer et un jeune homme sur le point de fonder une famille. Parce que l’on ne saura pas qui prendra le congé parental. Est-ce que je rêve? Peut-être un peu.

En attendant, les entreprises perçoivent la conciliation travail-famille comme une façon d’attirer et de garder les bons éléments, plutôt qu’un fardeau imposé. Il y a des entreprises exemplaires, mais ce n’est pas la norme encore.

Je n’ai pas le temps d’aborder les autres thématiques de votre journée de réflexion, mais je suis certaine que vous aurez des discussions passionnantes!

Je prends cependant le temps de vous dire que dans quelques semaines, le Conseil du statut de la femme lancera les activités entourant son 40e anniversaire. Celles et ceux qui ont franchi l’étape de la quarantaine savent que c’est l’occasion d’une réflexion sur le passé et d’une projection dans l’avenir…

Au cours de la prochaine année, nous profiterons de toutes les occasions possibles pour projeter le féminisme dans l’avenir en sensibilisant les jeunes, les femmes et les hommes aux grandes réussites en matière d’égalité. Nous soulignerons les bénéfices du féminisme pour l’ensemble de la société pour que l’égalité demeure un enjeu rassembleur, jeune et actuel.

Conclusion

Les défis sont encore grands dans cette quête de l’égalité entre les femmes et les hommes. Vous êtes bien placés pour le savoir et les résultats de votre sondage le démontrent.

Je vous souhaite des échanges stimulants et fructueux et je vous remercie de votre engagement.