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Allocutions | samedi 2 mars 2013

Allocution – Journée internationale des femmes 2013

Notes pour une allocution de la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne

Journée internationale des femmes-Association marocaine de Québec

Le 2 mars 2013

La version prononcée fait foi.

Monsieur le président de l’Association marocaine de Québec, Mohamed Bougouss.

Madame Rakia Laouri, professeure, mais aussi vice-présidente de l’Assemblée des membres du CSF qui a fait la première démarche pour que je me joigne à vous.

Et à vous toutes.

Quelle bonne idée que votre association choisisse aujourd’hui de se pencher spécifiquement sur les enjeux des femmes d’origine marocaine!

Les femmes vivent différemment plusieurs défis de l’immigration. Le plus souvent, le fardeau de l’intégration de la famille repose sur leurs épaules, et elles ont une double tâche – au travail et à la maison.

À mon arrivée comme présidente du Conseil du statut de la femme, il y a 18 mois, j’ai entrepris une tournée de consultation qui m’a amenée à rencontrer plusieurs femmes d’origine maghrébine.

Ces premiers échanges m’ont permis de constater que ces femmes vont transformer à leur façon le féminisme au Québec. Vous avez des parcours différents et c’est normal, vos priorités sont différentes.

Toutefois, votre communauté marocaine n’échappe pas aux obstacles à l’emploi et c’est préoccupant.

L’accès à un travail est au cœur de l’idéal féministe, car il donne de l’autonomie aux femmes.

Inversement, les obstacles à l’emploi renforcent l’isolement des nouvelles venues et ralentissent leur intégration (la majorité des femmes d’origine marocaine sont mariées à l’arrivée).

En 2008, le taux de chômage des Maghrébins était de 28 %, pour les immigrants au Québec depuis moins de 5 ans.

Pourtant, à 98 %, les immigrants d’origine marocaine parlent français.

Plus de femmes, que d’hommes venus d’ailleurs, sont sans emploi et ce n’est pas parce qu’elles manquent de diplôme.

Un tiers des Marocaines détiennent un diplôme universitaire, ce qui est deux fois plus que les Québécoises en général. La reconnaissance de vos compétences est un enjeu difficile, j’en suis consciente.

D’ailleurs, Pierrette Beaudoin, cadre-chercheuse au Conseil du statut de la femme, viendra vous présenter les objectifs et résultats préliminaires de sa recherche Femmes maghrébines et l’accès au marché du travail au Québec.

Vous qui assistez à cette journée d’échanges, avez la particularité de vivre dans la grande région de Québec, alors que 80 % de la communauté marocaine vit à Montréal. Est-ce plus facile, moins facile, je vais vous écouter là-dessus.

Pourquoi faut-il se préoccuper spécifiquement des femmes issues de l’immigration? Parce qu’elles peuvent être victimes de trois discriminations du fait :

  1. qu’elles sont des femmes;
  2. immigrées;
  3. souvent issues des minorités visibles.

L’appartenance à une religion – le port du voile – et le climat post septembre 2001 peuvent également être source de discrimination, une discrimination qui ne s’exerce pas de la même façon chez les femmes et les hommes d’origine marocaine.

Il faut penser à des pistes de solution, d’autant plus que vous êtes une communauté qui grandit.

En 2010, le Maroc arrive en tête de liste des pays de naissance des personnes admises – 10,4 % des personnes immigrantes.

Par exemple, à notre avis, les autorités devraient tenir compte davantage des réalités spécifiques des femmes nouvelles arrivantes. Que ce soit dans les programmes, dans l’accompagnement. Cela veut dire appliquer ce qu’on appelle l’ADS, l’analyse différenciée des sexes aux programmes offerts.

Il faut que les femmes aient accès à des ateliers sur leurs droits, sur l’égalité des sexes, dès leur arrivée et même avant de quitter leur pays.

Il faut mieux protéger les femmes parrainées qui peuvent se retrouver à la merci d’un conjoint, sans connaître leurs recours.

Pour changer les choses, ce qui n’est jamais facile, il faut que vous soyez unies quant aux pistes d’action proposées. Que nous femmes, soyons solidaires!

En terminant, je vous souhaite une excellente Journée internationale des femmes et des échanges fructueux.