Aller directement au contenu
Logo du Conseil du statut de la femme

Place à l'égalité
entre les femmes et les hommes

Vignette du logo du Conseil.

Suivez le Conseil sur Twitter!

Vignette du logo du Conseil.

Suivez le Conseil sur Twitter!

Allocutions | mercredi 24 avril 2013

Allocution – États généraux main oeuvre feminine secteurs traditionnellement masculins

Notes pour une allocution de la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne

Les États généraux de la main d’oeuvre féminine dans les secteurs traditionnellement masculins

Le 24 avril 2013

La version prononcée fait foi.

Au cours de ces deux prochains jours, vous allez aborder : la formation, le recrutement, l’intégration et le maintien en emploi des femmes dans le secteur traditionnellement masculin. Des sujets indissociables les uns des autres.

À toutes les étapes de leur parcours, que ce soit en formation, en recherche d’emploi ou en emploi, les femmes qui souhaitent travailler dans le domaine traditionnellement masculin doivent constamment faire la preuve qu’elles possèdent les qualités nécessaires pour exécuter le travail exigé. Mais ce que nous croyons, c’est que l’intégration des femmes dans des professions traditionnellement masculines doit être vue comme une responsabilité à partager entre tous les intervenants. Cette intégration ne doit pas seulement passer par les femmes elles-mêmes. Je vous interpelle aujourd’hui afin de nous aider à faire la promotion d’un changement de culture de ce milieu.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de victoire dans certains métiers traditionnellement masculins. En médecine notamment, les femmes sont largement majoritaires dans les facultés. En génie, la proportion de femmes augmente même si on n’a pas atteint la parité. Et les étudiantes, ne l’oublions pas, représentent 60 % des effectifs universitaires. C’est un immense progrès. Mais malheureusement, ces percées se concentrent surtout dans les professions où une scolarité universitaire est nécessaire. Oui, les femmes diplômées sont encore plus nombreuses dans les professions où il y a du caring : enseignantes et infirmières. Mais pour moi c’est un moindre mal par rapport à celles qui arrêtent les études après le secondaire, ou au cégep, et on parle ici d’une majorité de femmes. Là, la ségrégation professionnelle se poursuit… et elle a des conséquences dramatiques sur la pauvreté des femmes.

Mais qu’est-ce qui fait que les femmes moins scolarisées choisissent encore trop souvent le secrétariat, la vente, les soins esthétiques… que par exemple les métiers de la construction :

  • peintre (compagnon) : 31,67 $ / heure;
  • plâtrier (compagnon) : 32,42 $ / heure;
  • opérateur d’équipement lourd (compagnon) : 30,52 $ / heure;
  • Coiffeuse et esthéticienne: salaire médian entre 12,00 $ et 13,99 $ / heure.

Nous avons voulu savoir pourquoi un des derniers bastions masculins du travail restait aussi fermé aux femmes, et la chercheuse Geneviève Dumont, ici présente, a plongé dans le monde de la construction pendant un an pour écrire l’avis : Une mixité en chantier – les femmes dans les métiers de la construction, lancé il y a un mois.

Les principales difficultés que vivent les travailleuses de la construction en emploi sont :

  1. la discrimination à l’embauche;
  2. le harcèlement sexuel et sexiste;
  3. des mesures et des politiques inadaptées en matière de santé et de sécurité au travail;
  4. l’absence de mesures pour concilier le travail et la famille.

En outre, le manque de confiance des employeurs dans leurs capacités, en particulier en ce qui a trait à leur force physique, est courant en emploi et largement partagé par leurs collègues masculins. L’avis montre clairement qu’il s’agit d’un préjugé : même s’il est vrai qu’en général, les hommes sont plus grands et plus forts que la majorité des femmes, il existe aussi des hommes faibles et des femmes fortes! L’évaluation de la capacité physique d’un travailleur ou d’une travailleuse de la construction devrait se faire en fonction de sa capacité individuelle et de sa forme physique et non en fonction de son sexe.

Ça, c’est la réalité une fois qu’une femme choisit un métier non traditionnel. Mais vous allez vous pencher aussi sur ce qui se passe en amont, dans les écoles, et c’est cela qui est sans doute le plus difficile à changer… les stéréotypes qui font que les filles ne choisissent pas ces métiers mieux payés occupés par des hommes. À mon avis, ce terrain est un des plus difficiles car les fillettes, souvent, veulent se conformer à des modèles, et rarement ce modèle est un agent de sécurité ou un mécanicien.

Je vous laisse sur une note humoristique, quand même, car il y a des progrès, lents, mais il y en a… À la suite de la sortie de notre avis, qui a quand même eu beaucoup d’écho, voici comment la situation a été décrite par un caricaturiste.

Bons travaux.