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Place à l'égalité
entre les femmes et les hommes

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Allocutions | lundi 27 mai 2013

Allocution – Fondation Marie-Rollet

Notes pour une allocution de la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne

Fondation Marie-Rollet

Le 27 mai 2013

La version prononcée fait foi.

Salutations

Madame la ministre – Agnès Maltais,
Madame la présidente d’honneur – Eve Landry
Madame la présidente du Conseil d’administration de la Maison Marie-Rollet, MarieCéline Fortin

Salutations à préciser sur place,

C’est un plaisir pour moi de participer à la première collecte de fonds de la Fondation Marie-Rollet. Merci aux organisatrices pour cette invitation.

La violence envers les femmes constitue un problème social d’envergure qui suscite trop souvent des malaises lorsque vient le temps de l’aborder. Des événements comme celuici permettent, du moins pour quelques heures, de braquer les projecteurs sur ce sujet qui nous concerne toutes et tous.

La violence faite aux femmes prend plusieurs formes : agressions psychologiques, verbales, physiques, sexuelles ou actes de domination sur le plan économique.

Mondialement, les statistiques de l’ONU à ce sujet donnent froid dans le dos. Les femmes de 15 à 44 ans meurent davantage de viols et de violences domestiques que de cancer et d’accidents de la route, les deux réunis. La violence est un problème universel. L’Assemblée générale de l’ONU adoptait d’ailleurs récemment, une déclaration historique contre les violences faites aux femmes. Celle-ci mentionne que les États ne peuvent invoquer des considérations culturelles, religieuses ou traditionnelles pour ne pas respecter leurs obligations en matière d’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles. Rien ne peut justifier cette violence.

Nous avons tendance à croire que nous sommes bien loin de ce qui se passe ailleurs dans le monde puisqu’au Québec, la violence conjugale est considérée comme un acte criminel. Mais il faut se rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

Au Conseil du statut de la femme, nous croyons qu’il faut rappeler aux plus jeunes générations que certains enjeux touchant les conditions de vie des femmes, et qui sont pris pour acquis, résultent en fait de longues luttes. Celles-ci ont été menées, souvent à bout de bras, par des militantes engagées et convaincues.

Pour transmettre cette histoire, nous utilisons le moyen de capsules vidéo, diffusées dans le webzine de la Gazette des femmes. Nous y présentons des entretiens de quelques minutes entre une militante engagée, qui a contribué, à sa manière, à faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes, et une jeune femme connue du grand public. Jusqu’à maintenant, nous avons diffusé des capsules au sujet des congés de maternité, de la contraception, des publicités sexistes et sur la place des femmes dans les médias.

La prochaine capsule, qui sera en ligne d’ici quelques semaines, portera sur la criminalisation de la violence faite aux femmes. On y exposera le fait qu’il n’y pas si longtemps – au début des années 80 – en vertu de la loi, la violence conjugale n’existait pas.

Aux yeux de la société, elle était considérée comme quelque chose d’acceptable, voire même de normal : une simple « chicane de ménage ». Oui, ici au Québec…

Dans cet entretien vidéo, les interlocutrices traiteront de l’évolution du droit en matière de violence faite aux femmes. Les plus jeunes pourront ainsi réaliser l’importance des changements survenus au niveau juridique et policier en ce qui concerne le traitement des cas de violence conjugale et d’agressions à caractère sexuel.

Ces changements ont pu se concrétiser grâce à l’engagement et aux revendications des groupes de femmes qui ont poussé les décideurs à agir. Certaines d’entre vous s’en souviennent probablement, et y ont peut-être même participé!

Depuis 1995, la lutte pour contrer la violence conjugale s’inscrit parmi les priorités du gouvernement. Le Québec est la seule province dotée d’une politique en matière de violence conjugale et fait figure de modèle dans le monde. Nous pouvons être fières.

Malgré tout, trop de femmes subissent de multiples violences. Ces femmes sont de tous les milieux, de toutes les classes sociales, de tous les âges, de toutes les régions, de tous les quartiers. Mais certaines y sont plus vulnérables que d’autres. J’ai une pensée particulière, ici, pour les femmes autochtones et les femmes prostituées.

Le Conseil a publié un avis sur la prostitution l’an dernier. Il est impossible d’aborder le sujet de la prostitution sans parler de la violence qui y est associée et de la traite qui alimente ce marché. Pour le Conseil, la prostitution est une forme d’exploitation sexuelle et, en soi, elle représente l’une des formes de violence commise à l’endroit des femmes.

Un autre avis, celui-ci sur les violences commises au nom de l’honneur, est actuellement en cours de rédaction, et devrait être publié l’automne prochain. Donc, il est clair que, pour le Conseil, la violence envers les femmes a toujours constitué un enjeu prioritaire.

Enfin, des refuges comme la Maison Marie-Rollet sont indispensables. Vous soutenez des femmes et leurs enfants qui fuient un contexte de violence ou qui traversent une période difficile. Vous les accueillez et les hébergez bien sûr. Mais, le plus important, vous leur insufflez le goût de retrouver une autonomie et d’espérer une nouvelle vie. Continuez ce travail, tellement important.

Je vous souhaite une campagne de financement fructueuse et une magnifique soirée.