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Place à l'égalité
entre les femmes et les hommes

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Allocutions | mardi 10 décembre 2013

Allocution – Journée commémoration 65 ans déclaration universelle droits de l’homme

Notes pour une allocution de la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne

Journée de commémoration – 65 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme
CSN – Centre des congrès de Québec

Le 10 décembre 2013

La version prononcée fait foi.

Panel : « Quel rôle les syndicats doivent-ils jouer dans la promotion et la défense des droits humains ? »

1. Les femmes au sein des structures syndicales

Actuellement, on retrouve plus de femmes qu’avant dans les hautes sphères décisionnelles des syndicats et il est difficile d’ignorer les têtes d’affiche comme Monique Simard et Claudette Carbonneau.

À la CSN, depuis 1995, la présence des femmes dans les instances syndicales, de même qu’au sein du comité exécutif, a augmenté graduellement :

  • Comité exécutif : parité atteinte de 1999 à 2010;
  • Bureau confédéral : présence de femmes passant de 24 % (1995) à 43 % (2008).

Pourtant, au sein même du milieu syndical, on observe une tendance semblable à celle propre au marché du travail, à savoir qu’on trouve une concentration marquée de femmes dans les instances représentant les milieux de travail traditionnellement féminins (ex : l’enseignement) et, à l’inverse, une présence plutôt faible, voire inexistante, de femmes dans les secteurs comme la métallurgie et la construction (ex. 0 % dans les comités exécutifs des fédérations membres). De notre point de vue, bien sûr, s’il y avait plus de femmes dans ces instances, il y aurait peut-être une plus grande sensibilité de la part de ces équipes décisionnelles quant aux enjeux comme le harcèlement et la discrimination. Du moins, je le souhaite.

Au-delà de ces chiffres, dans le mouvement syndical en général, la pertinence des comités femmes est souvent remise en question ; un peu à l’image de la lutte féministe elle-même ainsi que de l’organisme que je préside, le Conseil du statut de la femme. Oui, je crois qu’il faut travailler avec les hommes à des dossiers comme la conciliation travail-famille. Mais s’il n’y a plus de lieux privilégiés pour discuter entre femmes de certains enjeux féministes, le risque est de voir ces enjeux disparaître de la carte. D’autres soutiennent toutefois que les femmes doivent investir de façon transversale tous les lieux de pouvoir dans les syndicats et mettre de l’avant des enjeux féministes.

Les 2 stratégies doivent peut-être cohabiter pour un temps.

2. Les enjeux concernant les femmes et leur rapport au travail

À l’échelle internationale, les conditions de travail sont scandaleuses pour de nombreuses travailleuses, dans des pays où les normes du travail sont laxistes, ou inexistantes.

Un exemple récent est celui de la tragédie des travailleuses du secteur textile, en Asie.

Dans l’usine qui s’est effondrée au Bangladesh en avril dernier, les femmes représentaient la presque totalité du millier de personnes ayant trouvé la mort.

3. Les actions à entreprendre

Quand je relis la Déclaration universelle des droits de l’homme, il apparaît évident que les syndicats (tout comme le Conseil que je préside, d’ailleurs) doivent se préoccuper davantage des non-syndiquées, des femmes marginalisées, de celles qui sont immigrantes ainsi que des femmes et des hommes dont les droits fondamentaux sont bafoués et pour qui leur dignité n’est pas reconnue.

À l’échelle internationale, nous avons besoin d’une mobilisation plus visible des grands syndicats d’ici en faveur des travailleuses et des travailleurs d’ailleurs qui ne bénéficient d’aucune des protections que nous tenons ici pour acquises.

En ce sens, la CSN agit déjà et faisant preuve de solidarité internationale en Afrique, en Amérique Latine, par le renforcement des capacités et l’appui aux femmes qui s’organisent, entre autres.

Il faut continuer dans sens pour créer un momentum international en faveur des droits des femmes. Il en va de leur dignité et de leur émancipation ; cela, sans tomber dans la prise en charge. Il faut se montrer vigilantes et les aider à développer leurs capacités, en évitant de plaquer le fameux modèle québécois.

La meilleure façon de favoriser cette prise de conscience, me dit-on, est d’envoyer les délégués syndicaux en mission ailleurs dans le monde. Ils reviennent ainsi transformés – un à la fois – et cela a un impact sur leur vision et leurs pratiques ici.