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Allocutions | dimanche 19 avril 2015

Allocution – Soirée de clôture de la campagne 75 printemps

Notes pour une allocution de Mme Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

À l’occasion de la soirée de clôture de la campagne « 75 printemps»


Le mardi 19 avril 2015, Montréal

La version prononcée fait foi.

Bonjour.
Avant que je donne la parole à nos trois panélistes, permettez-moi quelques observations. La situation des femmes aujourd’hui en politique est pleine de paradoxes qui rendent l’analyse complexe.

Commençons par les percées, qui ne peuvent que nous réjouir :

  • L’élection de Rachel Notley en Alberta, avec une présence record de femmes dans son caucus : 45 %. Une vague bien sûr, mais quel bouleversement, et contrairement à ce que certaines craignaient, le fait que la première ministre Alison Redford ait démissionné dans la controverse il y a un an n’a pas empêché une autre femme d’être élue à la tête de l’Alberta.
  • En Ontario, le leadership de la première ministre Kathleen Wynne est passionnant à observer. Elle a déposé une politique audacieuse contre les agressions sexuelles et, malgré les controverses passées, elle va de l’avant avec des cours d’éducation sexuelle avant-gardistes au primaire et au secondaire. Elle ne laisse aucune occasion passer : hier, elle dénonçait sur Twitter cette campagne d’obscénités visant les journalistes femmes.
  • Et n’oublions pas qu’en janvier 2013, quand Pauline Marois était au pouvoir au Québec (une autre première), cinq provinces, représentant 80 % de la population, avaient des femmes à leur tête.
  • À Montréal, vous faites très bonne figure avec 41 % de femmes élues, mais la parité n’est pas atteinte au conseil exécutif et aux mairies d’arrondissement.

Ces avancées côtoient des reculs, une certaine stagnation. Il y a seulement 27 % de femmes députées à l’Assemblée nationale.

Il faut que plus de femmes veuillent faire de la politique, se lancent dans l’arène et survivent en politique, et il faut davantage de volonté politique pour les recruter.

Et pourquoi y a-t-il encore des obstacles? En vrac, plusieurs facteurs : le manque de socialisation politique des filles; le manque de confiance en nous – ce que Francine Pelletier appelle de façon imagée notre Jello intérieur –; la peur d’être critiquées, rabaissées publiquement; l’agressivité de la joute politique; le sexisme; les horaires de fou; l’absence de mesures de conciliation travail-famille pour les mères. Et la plus récente raison que j’ai entendue, qui montre à la fois le chemin parcouru et le malaise des femmes face à la politique active : des femmes en vue ont refusé de se présenter au dernier scrutin provincial, car elles jugeaient le salaire de député trop faible pour tous les sacrifices exigés.

Pour parler de tout cela, trois femmes qui ont ou ont eu des parcours passionnants à qui je demanderai de monter sur scène afin que je puisse les présenter : Léa Cousineau, Louise Harel et Manon Gauthier.

Première femme à avoir présidé le comité exécutif de Montréal de 1990 à 1994, Mme Léa Cousineau fut également la première présidente du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), fondé il y a 40 ans. Mme Cousineau a été élue une première fois conseillère en 1986.

Mme Cousineau a été sous-ministre associée au Secrétariat à la condition féminine du gouvernement du Québec alors que Mme Harel était ministre.

Le 8 mars dernier, la Ville de Montréal a rendu hommage à Mme Cousineau en la nommant Bâtisseuse de la Cité.

À sept reprises entre 1981 et 2008, Mme Louise Harel a été élue députée du Parti québécois dans Hochelaga-Maisonneuve. Durant près de 28 ans, elle a occupé de nombreux ministères (Immigration, Travail, Sécurité du revenu, Condition féminine, Emploi et Solidarité). Elle a aussi été présidente de l’Assemblée nationale.

Entre 2009 et 2013, elle a présidé le parti municipal Vision Montréal et a été chef de l’opposition au conseil municipal. En 2004, elle a été reçue grand-croix de l’Ordre de la Pléiade.

Mme Manon Gauthier compte plus de 20 ans d’expérience dans les domaines de la gestion, de la communication et des affaires publiques. C’est grâce à son leadership que le Centre Segal des arts de la scène est devenu l’une des principales institutions culturelles de Montréal.

En 2011, La Presse a souligné l’importance de sa contribution à l’avenir culturel du Québec en la désignant comme l’une de ses 15 personnalités culturelles.

En 2013, elle a été élue comme conseillère à Verdun. Depuis, elle siège au comité exécutif et est responsable de la culture, du patrimoine, du design, d’Espace pour la vie et du statut des femmes.

Pour débuter, Mesdames, vous avez chacune cinq minutes pour répondre à cette immense question :

Quels sont les acquis et les défis relatifs à la place des femmes dans la vie politique, 75 ans après l’avènement du droit de vote des femmes au Québec?

Puis nous réserverons environ une demi-heure aux échanges et aux questions.

Qui veut commencer?

Sous-questions :

Qu’est-ce qui a contribué à vous permettre de survivre en politique?
Les femmes ont-elles changé la façon de faire de la politique?
Avez-vous été traitée différemment parce que vous êtes une femme?
Quels obstacles empêchent encore les femmes de se lancer en politique?
Que faut-il changer?
La question qui tue : veut-on des quotas?