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Place à l'égalité
entre les femmes et les hommes

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Communiqués de presse | dimanche 4 octobre 2015

Communiqué – Parité en politique : le Conseil du statut de la femme propose un changement de cap

Pour diffusion immédiate

Québec, le 4 octobre 2015 – Constatant que la représentation des femmes en politique québécoise fait du surplace depuis 15 ans, le Conseil du statut de la femme croit qu’il est temps de prendre les grands moyens pour que les partis politiques recrutent un minimum de 40 % de candidates. C’est ce qui ressort de l’avis Les femmes en politique : en route vers la parité, rendu public aujourd’hui.

« Nous croyons qu’il faut prendre un virage important si nous voulons nous approcher de la parité et nous assurer que les femmes participent autant que les hommes aux décisions politiques qui nous affectent tous. Les bonnes intentions amènent peu d’améliorations. Le temps est venu de se donner des moyens concrets », déclare la présidente du Conseil, Mme Julie Miville-Dechêne.

« La parité femmes-hommes en politique, c’est une question d’équité. J’y crois. L’idée de demander aux partis de recruter 40 % de candidates est porteuse », poursuit M. Jean Charest, ancien premier ministre du Québec.

Zone paritaire

Le Conseil recommande, notamment, que la Loi électorale du Québec soit modifiée pour obliger tous les partis politiques québécois à présenter entre 40 % et 60 % de candidates aux élections. Une période transitoire serait prévue : une cible de 35 % serait fixée pour le premier scrutin suivant l’adoption de la politique. Les partis ne respectant pas cette « zone paritaire » s’exposeraient à des pénalités financières importantes.

Mme Louise Harel, ex-députée et ministre, interviewée dans le cadre de cet avis, s’exprime ainsi à ce sujet : « Le financement, largement à même les fonds publics des partis politiques, impose qu’ils tiennent compte d’une représentation féminine juste et équitable sous peine de voir diminuer les fonds qui leur sont alloués. C’est une mesure d’action positive devenue indispensable faute de résultats probants au cours des dernières années ».

Mme Carole Théberge ex-députée et ministre à l’origine de la politique gouvernementale Pour que l’égalité de fait devienne une égalité de droit ajoute : « La présence accrue des femmes dans les postes décisionnels et conseils d’administration est un levier dont nous ne pouvons pas nous passer. La parité homme femme est encore un idéal à atteindre. Il est maintenant temps de marquer cette étape de façon tangible en créant l’environnement législatif, pour le plus grand bénéfice de notre société ».

Une marche vers l’égalité à compléter

Malgré des avancées importantes en matière d’égalité, les femmes continuent d’être sous-représentées en politique, constate l’organisme dans son avis. Leur présence à l’Assemblée nationale stagne autour de 30 % depuis une quinzaine d’années et les autres paliers de gouvernement ne font pas meilleure figure. En 1998, le Québec occupait le 15e rang mondial en matière de représentation féminine à son assemblée législative. Aujourd’hui, il a glissé au 44e rang.

« Les obstacles à l’entrée et au maintien des femmes en politique sont moins visibles que par le passé, mais ils n’ont pas disparu pour autant. La culture des partis et des institutions politiques, l’inégal partage des responsabilités familiales entre femmes et hommes et la socialisation différente des filles et des garçons sont toujours bien présents », explique Mme Miville-Dechêne.

« Tous les acteurs politiques municipaux et provinciaux doivent s’unir pour aménager des solutions durables afin de faciliter la conciliation travail-famille, notamment en accordant aux élus un congé parental. L’heure est à la modernisation de nos institutions », conclut M. Éric Forest, maire de la Ville de Rimouski et ancien président de l’Union des municipalités du Québec.

Le Conseil a étudié les stratégies des pays qui font bonne figure en matière de représentation politique des femmes. Il constate que les avancés les plus significatives ont été observées dans les pays ayant des mesures obligatoires assorties de sévères punitions.

L’avis, son résumé ainsi qu’une infographie synthèse peuvent être consultés sur le site Web du Conseil au www.placealegalite.gouv.qc.ca.

Le Conseil du statut de la femme a pour mission de conseiller le gouvernement du Québec et d’informer la population sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

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Pour information :

Conseil du statut de la femme
Liliane Côté
Conseillère stratégique
Conseil du statut de la femme
liliane.cote@csf.gouv.qc.ca
Cellulaire : 418 446-2203
Téléphone : 418 643-4326, poste 245


Annexe : Liste des recommandations

  1. Que la Loi électorale du Québec soit modifiée pour y inscrire le concept de « zone paritaire » comme fondement démocratique et électoral. Les partis politiques auraient l’obligation de recruter un minimum de 40 % et un maximum de 60 % de candidates et de candidats. Il est essentiel que des pénalités financières importantes soient prévues pour les partis ne respectant pas cette obligation. Si cette obligation n’était pas remplie, les partis délinquants verraient leur allocation annuelle versée par le DGE amputée de façon significative jusqu’au prochain scrutin.
  2. Que chaque parti politique provincial soit tenu de publier un bilan de ses pratiques de recrutement et de sélection après chaque élection générale. Chaque parti devrait également publier un plan d’action visant à améliorer son taux de candidatures féminines.
  3. Que l’Assemblée nationale se dote d’une politique d’articulation travail-famille, qui pourrait inclure notamment une salle familiale accessible pour les familles des députés, un calendrier parlementaire qui tiendrait compte des besoins des élus parents, le vote par procuration, des services de garde et d’autres mesures similaires. Ces mesures devraient s’appliquer aux activités parlementaires et législatives réalisées à l‘Assemblée nationale, et les partis politiques devraient s’en inspirer.
  4. Qu’en matière de congé de maternité, de paternité et de congé parental, le gouvernement respecte minimalement les normes de l’Organisation internationale du travail, soit au moins quatorze semaines de congé à la suite d’un accouchement pour les élues. Des congés devraient également être disponibles en politique municipale.
  5. Que les municipalités suivent l’exemple de la Ville de Montréal et mettent sur pied des comités chargés d’étudier les besoins des élus et de s’inspirer des meilleures pratiques en matière de conciliation entre la vie politique et la vie familiale.
  6. Que le gouvernement maintienne le programme À égalité pour décider, en revoyant la distribution de son financement pour privilégier des projets structurants favorisant la participation citoyenne et politique des femmes; qu’il réserve une partie de son financement pour des projets visant spécifiquement les jeunes filles; et que l’attribution de son financement tienne compte des défis régionaux propres aux femmes, notamment les distances à parcourir et le manque de financement des candidates en milieu éloigné.
  7. Que le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire s’engage à porter une attention particulière aux mesures favorisant la participation politique des femmes, et plus particulièrement des jeunes filles, dans la restructuration régionale en cours, en assurant une mixité égalitaire dans les instances et en tenant compte des besoins spécifiques des femmes.